— XVI —
Quand on jette un coup d’œil sur la longue enfance del’industrie, qui resta pour ainsi dire rachitique et nouée,depuis le potier Dédale, jusqu’à l’’émailleur Bernard dePalissy, et que l’on compare la lenteur de ses progrès de-puis Bernard de Palissy jusqu’à l’époque de nos pères, avecl’accroissement qu’elle a pris, depuis trente années seule-ment, on est en droit d’espérer que si rien ne vient l’entraver,cette nouvelle reine du monde portera bientôt sa tête auseptième ciel.
Cette manière de voir n’est pas nouvelle chez nous, et mal-gré la chute qu’elle vient de faire, nous n’avons rien modifiéà l’opinion qui sert d’épigraphe à nos trente-six volumes del’Industriel :
.............. .L’industrie, autrefois embryon méprisé,Longtemps emmaillotté, naguère à la lisière,De ses bras vigoureux presse aujourd’hui la terre.
Qu’était en effet l’industrie chez les Grecs qui n’avaientpas même un nom à lui donner ? À ne considérer que levêtement, quelle était leur chaussure ? d’incommodes san-dales ; leurs habits ? des manteaux de drap grossier, à enjuger d’après la roideur des plis de leurs statues. Rien deplus informe que les dés, les aiguilles à coudre, les compasqui sont venus jusqu’à nous ; leurs épingles même n’étaientque des chevilles fabriquées à la lime ; leurs peignes, desespèces d’étrilles ! ils ne savaient pas ferrer un cheval.Épaminondas n’avait qu’un habit et restait au lit pendantqu’on lavait son vêtement.
Les ressources de la mécanique se bornaient à ce qu’il enfaut pour la construction des catapultes, aux leviers de pre-