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Accaparer la main-dœuvre est aujourdhui le grandsecret de la prospérité dun pays, et nous ne lauronsjamais en persévérant dans le système suivi jusquicienvers les importateurs étrangers.

Nous le disons avec regret ; si lon excepte les grandesindustries de la houille, du fer, des draps et des armes,nous ne fabriquons rien en Belgique : nous revendonsseulement, en laissant profiter létranger de la main-dœuvre. Cet état de choses ne saurait durer sans nousappauvrir ; Car nous payons tous les ans à la Franceseule 40 millions de francs, dont, en défalquant 7 à 8 mil-lions de vins, nous pourrions épargner une trentaine,en attirant chez nous cette multitude dindustries se-condaires si fructueuses, si nécessaires au pacotillagemaritime.

En suivant le plan que nous traçons, et en fondant,selon lidée dun de nos ministres, une exposition, unbazar perpétuel, offrant des échantillons de tout ce qui sefabrique dans le pays, les capitaines de navires étran-gers, qui sont obligés de partir sur lest, pourraient secompléter des chargements avec une foule dobjets dequincaillerie et de mercerie, dont les courtiers mêmeignorent lexistence ou le lieu de production, ou le nomdu producteur. Car le défaut de publicité tue en Belgi-que tous les établissements naissants.

Qui a su, par exemple, quun habile chimiste polonaisétait parvenu à fonder, à Bruxelles, une fabrique detoutes les espèces dallumettes que nous tirons de laFrance et de lAllemagne ; que ces allumettes sont debeaucoup supérieures à toutes les autres, et que sa fa-brique est morte, faute dêtre connue ou encouragée ?Quel obstacle pourrait sopposer à la fabrication, en Bel-